Après-midi moite en Louisiane
by french_muse88Le clavier de l'ordinateur cliquait dans le silence de la fin d'après-midi. Le bureau de Johanna sentait le café froid et le papier vieilli. Par la fenêtre entrouverte, un vent tiède de Louisiane tran
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•long read•intense intensityLe clavier de l'ordinateur cliquait dans le silence de la fin d'après-midi. Le bureau de Johanna sentait le café froid et le papier vieilli. Par la fenêtre entrouverte, un vent tiède de Louisiane transportait l'odeur de la pluie récente sur l'asphalte. Elle aurait dû classer les dossiers empilés en équilibre précaire sur le coin de son bureau. Elle aurait dû répondre aux trois courriels que Mathieu lui avait envoyés depuis midi. Elle aurait dû faire beaucoup de choses, mais son esprit était ailleurs, coincé dans les restes d'un rêve qui refusait de se dissiper.
Ce rêve. Ce maudit rêve.
Elle se souvenait de chaque détail avec une précision cruelle. La peau d'Angeline contre la sienne, les mains de sa cheffe qui glissaient le long de ses hanches, cette bouche chaude contre son cou. Et puis le réveil, brutal, brutal et frustrant, juste avant le moment où tout aurait basculé. Son corps avait gardé la mémoire de ce qui n'avait pas eu lieu. Toute la journée, elle avait traîné cette tension basse dans le ventre, cette chaleur sourde qui se réveillait à chaque fois qu'elle croisait Angeline dans les couloirs.
Johanna poussa un soupir et s'adossa contre le dossier de son fauteuil en cuir. Les dossiers pouvaient attendre. Les courriels pouvaient attendre. Tout pouvait attendre. Elle leva ses chevilles et les posa sur le bord du bureau, les jambes légèrement écartées, ses talons rétro en cuir noir pendant au-dessus de la surface en bois. Sa robe noire à taille haute remonta le long de ses cuisses, révélant le haut de ses bas et un pan de peau pâle. Elle ferma les yeux.
Le visage d'Angeline apparut immédiatement derrière ses paupières. Ces yeux bleu clair, presque translucides, qui semblaient toujours la déshabiller quand elle lui parlait. Cette blondeur platine, coupée au carré, qui encadrait des traits anguleux et une bouche qui semblait faite pour le péché. Angeline avait cette façon de marcher dans un bureau comme si elle possédait chaque mètre carré, chaque personne, chaque molecule d'air. Une dominatrice née, même en tailleur gris.
Les doigts de Johanna descendirent le long de son ventre, effleurant la cicatrice sur son abdomen par réflexe, puis plus bas. Elle sentit l'humidité à travers le tissu de sa culotte avant même de la toucher. Elle était mouillée depuis des heures, à vrai dire. Depuis le rêve. Depuis qu'Angeline s'était penchée sur son bureau ce matin pour signer un document et que son parfum, un mélange de bergamote et de cuir, avait envahi l'espace personnel de Johanna.
Ses doigts pressèrent le tissu humide. Un frisson la parcourut.
— Hum... Angeline...
Le nom sortit dans un murmure rauque, presque involontaire. Elle pressa plus fort, traçant des cercles lents à travers le coton imbibé. La chaleur de son propre corps lui revint en vagues. Elle sentit ses lèvres intimes gonfler sous la pression, la friction du tissu envoyant des décharges électriques le long de sa colonne vertébrale.
— Oh... Angeline...
Ses hanches bougèrent d'elles-mêmes, ondulant contre sa propre main. Elle ouvrit les yeux un instant, regarda la porte de son bureau. Fermée. La lumière du couloir ne filtrait pas par le bas. Tout le monde était parti. Elle était seule. Angeline était probablement dans son bureau au bout du couloir, mais Johanna avait vérifié deux fois que le couloir était désert avant de s'installer.
Elle ouvrit le tiroir du milieu de son bureau, celui qu'elle gardait verrouillé d'habitude. Le double gode y était posé sur un tissu noir, ses deux extrémités courbes et violettes luisant légèrement sous la lumière de la lampe de bureau. Elle l'avait acheté un mois auparavant, après une autre rêverie sur Angeline, sans jamais oser l'utiliser autrement que dans la solitude de sa chambre, la nuit, la porte fermée à clé, un oreiller sur le visage pour étouffer ses gémissements.
Elle sortit l'objet et le posa sur son ventre. Le silicone était frais contre sa peau. Elle ramena une main entre ses cuisses et écarta le tissu de sa culotte, exposant sa chatte à l'air tiède du bureau. Elle était tellement mouillée que ses lèvres brillaient. Elle prit une extrémité du gode et commença à se caresser le clitoris avec le bout arrondi, traçant des cercles lents et appuyés.
— Han... Angeline... oui...
Le plaisir monta rapidement, trop rapidement. Son corps était prêt depuis trop longtemps, tendu comme un arc. Elle ralentit, se mordit la lèvre inférieure, cette lèvre charnère qui lui donnait cet air de poupée boudeuse que certains trouvaient insolent et d'autres irrésistible. Elle voulait faire durer. Elle voulait imaginer.
Elle imagina Angeline agenouillée devant elle, ses mains blondes sur ses cuisses, cette bouche qui se rapprochait. Elle enfonça l'extrémité du gode entre ses lèvres, lentement, sentant ses parois internes s'ouvrir et accueillir l'intrusion avec un soupir mouillé. Elle le poussa plus profond, arcuant le dos dans le fauteuil, ses cheveux noirs aux reflets rouges étalés sur le dossier en cuir.
— Han... han... ouuuh... oui...
Elle commença un rythme lent, sortant l'objet presque entièrement avant de le réenfoncer, ses parois gluantes faisant un bruit obscène à chaque mouvement. Sa jambe gauche tremblait. Le fauteuil grinçait doucement. L'odeur de son désir emplissait maintenant le bureau, mêlée à son parfum naturel de réglisse et de jasmin.
— Angeline... je veux ta bouche... je veux...
— Tu as besoin d'aide, Jo ?
Le sang de Johanna se glaça. Ses yeux s'ouvrirent brutalement et trouvèrent Angeline appuyée contre l'encadrement de la porte, les bras croisés sous sa poitrine, un sourire paresseux aux lèvres. Sa blouse en soie blanche était légèrement entrouverte, révélant la naissance de ses seins. Comment était-elle entrée ? La porte était fermée. Elle avait dû avoir un double, ou la serrure n'avait pas pris.
— Oh Angeline ! Pardon !
Johanna retira ses chevilles du bureau d'un geste saccadé et tenta de refermer les jambes, mais le gode était toujours en elle, sa culotte décalée, sa robe relevée. Elle était complètement exposée. Le rouge lui monta au visage comme une marée, colorant ses joues pâles et le haut de son cou, là où la cicatrice courait sous son oreille.
Angeline ne bougea pas. Son sourire s'élargit. Ses yeux bleus descendirent lentement le long du corps de Johanna, prenant tout en détail, les bas noirs, les cuisses écartées, le gode violet dépassant de sa chatte, le tissu sombre de la culotte tiré de côté. Elle se lécha la lèvre inférieure.
— Chut, dit-elle d'une voix douce et rauque à la fois. C'était beau.
Elle traversa la pièce en trois enjambées silencieuses, ses talons ne faisant aucun bruit sur le parquet. Elle attrapa le dossier du fauteuil et le fit pivoter pour que Johanna lui fasse face. Puis elle se pencha et posa ses lèvres sur celles de Johanna.
Le baiser fut immédiat, profond, affamé. La langue d'Angeline entra dans la bouche de Johanna sans demander la permission, trouvant la sienne et l'entraînant dans une danse humide et lente. Johanna gémit dans le baiser, ses mains saisissant instinctivement les hanches d'Angeline. Elle sentait le goût de café et de menthe, la chaleur de cette bouche qu'elle avait imaginée toute la journée.
Quand Angeline se recula, ses lèvres brillaient de leur salive mélangée.
— Que faites-vous ? souffla Johanna, la voix étranglée.
Angeline rit doucement, un rire grave qui vibra dans le ventre de Johanna.
— Je parie que ta chatte est bonne aussi. Laisse-moi te goûter.
— Non, arrêtez !
Mais le mot manquait de conviction. Elles le savaient toutes les deux. Johanna sentait son cœur cogner contre ses côtes, son ventre se contracter, sa chatte se serrer autour du gode encore planté en elle.
— Ne fais pas l'innocente, murmura Angeline en posant un doigt sous le menton de Johanna, relevant son visage. Tu te gode en murmurant mon prénom, Jo. Mon prénom. Pas celui d'un amant imaginaire. Le mien.
Angeline pivota le fauteuil pour mieux positionner Johanna. Puis elle s'agenouilla devant elle, ses genoux touchant le parquet, sa blouse de soie blanche caressant l'intérieur des cuisses de Johanna. Elle attrapa le gode par sa base et le retira lentement, délicieusement, observant les lèvres gonflées de Johanna serrer l'objet comme pour le retenir. Un filet de cyprine brilla entre ses cuisses.
Angeline tira la culotte de côté, l'écartant complètement, et plongea.
Sa langue trouva le clitoris de Johanna sans hésitation. Elle le lécha d'un coup long et plat, de la base jusqu'au gland, et Johanna cria. Pas un gémissement, un vrai cri qui rebondit sur les murs du bureau et revint lui marteler les tympans.
— Ta chatte est délicieuse, Jo, murmura Angeline contre sa chair, sa voix envoyant des vibrations directement dans le clitoris.
— Han... Angeline... votre bouche est chaude et douce...
Angeline ne répondit pas. Elle travailla. Sa langue traçait des cercles précis autour du clitoris de Johanna, alternant entre des coups larges et appuyés et des petits battements rapides du bout de la langue. Deux doigts glissèrent à l'intérieur de Johanna, la remplissant, la préparant, trouvant ce point sensible sur la paroi avant et le massant avec une expertise qui fit blanchir les jointures de Johanna sur les accoudoirs du fauteuil.
— Oh mon Dieu... Angeline... plus profond... s'il vous plaît...
Angeline obéit, enfonçant ses doigts jusqu'à la troisième phalange, courbant légèrement la main pour les presser contre le plafond du vagin de Johanna. Sa bouche resta sur le clitoris, aspirant doucement, puis plus fort, puis doucement encore, créant un rythme infernal qui fit trembler les cuisses de Johanna de chaque côté de son visage.
Johanna sentit l'orgasme approcher comme un orage à l'horizon. Son bas-ventre se crispa, ses orteils se recroquevillèrent dans ses talons, sa respiration devint saccadée.
— Angeline... je vais...
Angeline se retira brusquement. Johanna émit un son de frustration presque animal.
— Pas encore, dit Angeline avec un sourire carnassier. Pas comme ça.
Elle se leva et entreprit de déshabiller Johanna méthodiquement. D'abord la culotte, qu'elle fit glisser le long des jambes et jeta sur la pile de dossiers. Puis la robe, qu'elle fit remonter par-dessus la tête. Puis la blouse, qu'elle arracha littéralement, envoyant un bouton rouler sous le bureau. Le soutien-gorge en dentelle noire de Johanna suivit, exposant ses seins pâles aux aréoles rosées.
Angeline se pencha et prit un sein dans sa bouche. Sa langue tourna autour du mamelon, le durcissant, puis elle aspira tandis que sa main pétrissait l'autre sein, roulant le mamelon entre le pouce et l'index. Johanna gémit, sa main venant se perdre dans les cheveux blonds d'Angeline.
— Vous me faites perdre la tête, souffla Johanna.
— Bon, dit Angeline en se redressant. C'est l'idée.
Elle se déshabilla à son tour, rapidement, sans cérémonie. Sa blouse tomba, son soutien-gorge suivit, révélant des seins plus petits que ceux de Johanna mais fermes, aux mamelons pâles et déjà durs. Sa jupe glissa le long de ses hanches, puis sa culotte. Elle se tenait là, nue, ses yeux bleu clair fixés sur Johanna avec une intensité qui faisait palpiter le ventre de la brune.
Angeline attrapa Johanna par les hanches et la fit basculer en arrière dans le fauteuil, le dossier s'inclinant presque à l'horizontale. Puis elle grimpa sur elle, plaquant son corps contre le sien, ses cuisses encadrant celles de Johanna. Le contact de leurs peaux nues envoya une décharge électrique dans toute la colonne vertébrale de Johanna.
— Regarde-moi, dit Angeline.
Elle commença à bouger ses hanches, frottant son sexe contre celui de Johanna. Le contact fut immédiatement électrique. Le clitoris d'Angeline trouva celui de Johanna, et elles se mirent à glisser l'une contre l'autre, leurs cyprines mêlées créant une friction chaude et gluante. Angeline contrôlait le rythme, ses mains agrippant les accoudoirs du fauteuil de chaque côté de la tête de Johanna, ses seins pendant au-dessus du visage de la brune.
— Regarde-moi, Johanna, répéta-t-elle. Regarde-moi quand je te baise.
— Han... Angeline... c'est... oh...
Les deux chattes se frottaient l'une contre l'autre, les clitoris se touchant à chaque mouvement de hanches d'Angeline. Johanna leva les yeux et croisa le regard bleu d'Angeline, qui la fixait avec une possessivité absolue, un sourire aux lèvres, ses joues roses d'excitation.
— Ma petite salope adorée, murmura Angeline, sa voix rauque vibrant contre la gorge de Johanna. Tu n'imagines pas combien de nuits j'ai passées à te rêver comme ça, trempée et offerte sous moi.
— Depuis combien de temps ? haleta Johanna.
— Depuis ton premier jour. Depuis que tu es entrée dans ce bureau avec ta robe noire et ton regard de braise. Depuis que tu m'as regardée comme si tu voulais me dévorer.
Johanna n'eut pas le temps de répondre. Angeline accéléra le rythme, ses hanches devenant un blur, le bruit obscène de leurs sexes mouillés résonnant dans le bureau comme un battement de cœur charnel. Johanna sentit l'orgasme revenir, plus fort, plus pressant, mais Angeline se retira encore.
— Pas encore, dit-elle.
— Vous êtes cruelle, gémit Johanna.
— Je sais. C'est ce que tu aimes.
Angeline se pencha par-dessus le fauteuil et récupéra le double gode sur le sol où il était tombé. Elle le regarda avec un sourire, puis le porta à ses lèvres et lécha une des extrémités, goûtant le cyprine de Johanna qui y était encore collé.
— Tu as raison, dit-elle. Tu es délicieuse.
Elle positionna une extrémité contre l'entrée de la chatte de Johanna et l'autre contre la sienne. Puis, avec un mouvement lent et délibéré, elle s'assit, enfonçant l'objet en elle et en Johanna simultanément. Toutes deux gémissèrent au même instant, le son de leurs voix mêlées dans l'air tiède du bureau.
— Oh... c'est... han... Angeline...
— Sens ça, Johanna. Sens comme on est remplies ensemble.
Angeline commença à bouger, ses hanches oscillant en cercles, le double gode allant et venant entre elles, les reliant par le plus intime des points. Chaque coup de rein d'Angeline enfonçait l'objet plus profond en Johanna, et réciproquement. Elles étaient synchronisées, connectées, deux corps partageant un seul plaisir.
Johanna agrippa les hanches d'Angeline, ses ongles s'enfonçant dans la peau pâle, laissant des marques rouges. Angeline ne sembla pas s'en plaindre. Au contraire, elle accéléra, ses yeux bleus ne quittant jamais ceux de Johanna, sa bouche entrouverte, son souffle court.
— Regarde-moi, Johanna... c'est ça, regarde-moi quand je te baise... han... ma petite salope adorée.
— Oh... Angeline... c'est bon... c'est tellement bon...
Le rythme devint frénétique. Angeline pompait ses hanches avec une force qui faisait grincer le fauteuil sous elles, le double gode entrant et sortant dans un bruit de succion obscène. Les seins d'Angeline rebondissaient à chaque mouvement, ses mamelons durs frôlant ceux de Johanna par intermittence.
Johanna sentit l'orgasme monter pour la troisième fois, irrésistible cette fois, comme une vague qui grossit avant de tout dévorer. Son vagin se serra autour du gode, ses jambes tremblèrent, son dos s'arca.
— Angeline... je vais... je ne peux plus...
— Viens pour moi, Johanna. Viens.
Johanna explosa. Son orgasme la traversa comme un éclair, son vagin se contractant violemment autour du gode, envoyant des vagues de plaisir à travers tout son corps. Elle cria le nom d'Angeline, un cri rauque et désespéré qui se transforma en gémissement prolongé. Angeline ne s'arrêta pas, continuant de bouger ses hanches, prolongeant l'orgasme de Johanna jusqu'au point où le plaisir frôla la douleur.
Puis Angeline bascula à son tour. Son visage se tordit, ses yeux se fermèrent, ses lèvres s'ouvrirent dans un cri silencieux. Son corps se raidit, ses hanches s'enfonçant une dernière fois, poussant le gode au plus profond des deux chattes. Un gémissement grave sortit de sa gorge, et Johanna sentit les contractions du vagin d'Angeline à travers le gode, leurs orgasmes se répondant comme un écho.
Elles restèrent immobiles un long moment, le double gode toujours en elles, leurs souffles se mêlant, leurs corps collés par la sueur et le désir. Le bureau sentait maintenant le sexe, la sueur, le jasmin et la vanille. Par la fenêtre, le dernier rayon de soleil disparut, laissant la pièce dans la lumière ambrée de la lampe de bureau.
Angeline se releva lentement, retirant le gode d'elle avec un petit bruit mouillé qui fit sourire Johanna malgré elle. Elle se leva du fauteuil et tendit la main à Johanna pour l'aider à se redresser. Johanna s'assit, les jambes encore tremblantes, les cheveux en désordre, la rougeur de l'orgasme encore visible sur sa poitrine.
Angeline se pencha et l'embrassa. Pas un baiser affamé comme le premier, mais un baiser tendre, lent, ses lèvres caressant celles de Johanna avec une douceur qui contrastait avec la violence de ce qui venait de se passer. Sa langue effleura celle de Johanna, puis se retira, puis revint, comme une marée.
— Tu sais, murmura Angeline contre ses lèvres, j'avais un double de ta serrure depuis trois mois. Je l'ai fait faire le jour où je t'ai vue te mordre la lèvre en me regardant pendant la réunion de rentrée.
— Tu espionnais ma serrure ? dit Johanna, un sourire incrédule aux lèvres.
— Je prévoyais. Il y a une différence.
Johanna rit, un rire sincère qui fit vibrer sa poitrine nue. Angeline la regarda rire avec une tendresse inattendue, posant une mèche de cheveux noirs derrière l'oreille de Johanna, effleurant la cicatrice sur son cou du bout des doigts.
— Tu n'as pas à cacher ça, dit-elle doucement. Ni ça, ni toi, ni ce que tu veux.
Johanna sentit ses yeux piquer. Elle ne pleura pas, mais l'émotion était là, brute et inattendue, mêlée au parfum d'Angeline et au souvenir de son orgasme.
— Quand tu veux, Jo, dit Angeline en l'embrassant une dernière fois, ses lèvres posées sur le coin de la bouche de Johanna. Quand tu veux, tu n'as qu'à laisser la porte déverrouillée. Ou verrouillée. Je viendrai de toute façon.
— Et si je veux que tu viennes même quand je ne le sais pas ? demanda Johanna.
— Alors je m'assurerai que tu le saches après.
Angeline ramassa ses vêtements et commença à s'habiller avec une désinvolture élégante, comme si se rhabiller après avoir fait l'amour avec sa subordonnée sur un fauteuil de bureau était la chose la plus naturelle du monde. Johanna la regarda, encore nue, encore les jambes écartées, le double gode posé sur son ventre comme un trophée.
— Jo, dit Angeline en boutonnant sa blouse.
— Oui ?
— La prochaine fois, ferme la porte à clé. Et garde le gode dans le tiroir du haut, pas du milieu. Celui du milieu grince.
— Tu savais pour le tiroir ?
— Je sais tout ce qui se passe dans ce bureau, Johanna. Absolument tout.
Elle lui fit un clin d'oeil, ramassa sa jupe, et sortit du bureau comme si rien ne s'était passé. Johanna resta là, nue dans son fauteuil, le double gode sur le ventre, un sourire aux lèvres et le goût d'Angeline encore dans la bouche.
Elle regarda la pile de dossiers, les courriels non lus, le bouton de sa blouse sous le bureau. Elle regarda le tiroir du milieu, puis le tiroir du haut. Elle ouvrit le tiroir du haut et y déposa le gode, soigneusement, sur un tissu noir neuf.
Demain, elle laisserait la porte déverrouillée.
Ce rêve. Ce maudit rêve.
Elle se souvenait de chaque détail avec une précision cruelle. La peau d'Angeline contre la sienne, les mains de sa cheffe qui glissaient le long de ses hanches, cette bouche chaude contre son cou. Et puis le réveil, brutal, brutal et frustrant, juste avant le moment où tout aurait basculé. Son corps avait gardé la mémoire de ce qui n'avait pas eu lieu. Toute la journée, elle avait traîné cette tension basse dans le ventre, cette chaleur sourde qui se réveillait à chaque fois qu'elle croisait Angeline dans les couloirs.
Johanna poussa un soupir et s'adossa contre le dossier de son fauteuil en cuir. Les dossiers pouvaient attendre. Les courriels pouvaient attendre. Tout pouvait attendre. Elle leva ses chevilles et les posa sur le bord du bureau, les jambes légèrement écartées, ses talons rétro en cuir noir pendant au-dessus de la surface en bois. Sa robe noire à taille haute remonta le long de ses cuisses, révélant le haut de ses bas et un pan de peau pâle. Elle ferma les yeux.
Le visage d'Angeline apparut immédiatement derrière ses paupières. Ces yeux bleu clair, presque translucides, qui semblaient toujours la déshabiller quand elle lui parlait. Cette blondeur platine, coupée au carré, qui encadrait des traits anguleux et une bouche qui semblait faite pour le péché. Angeline avait cette façon de marcher dans un bureau comme si elle possédait chaque mètre carré, chaque personne, chaque molecule d'air. Une dominatrice née, même en tailleur gris.
Les doigts de Johanna descendirent le long de son ventre, effleurant la cicatrice sur son abdomen par réflexe, puis plus bas. Elle sentit l'humidité à travers le tissu de sa culotte avant même de la toucher. Elle était mouillée depuis des heures, à vrai dire. Depuis le rêve. Depuis qu'Angeline s'était penchée sur son bureau ce matin pour signer un document et que son parfum, un mélange de bergamote et de cuir, avait envahi l'espace personnel de Johanna.
Ses doigts pressèrent le tissu humide. Un frisson la parcourut.
— Hum... Angeline...
Le nom sortit dans un murmure rauque, presque involontaire. Elle pressa plus fort, traçant des cercles lents à travers le coton imbibé. La chaleur de son propre corps lui revint en vagues. Elle sentit ses lèvres intimes gonfler sous la pression, la friction du tissu envoyant des décharges électriques le long de sa colonne vertébrale.
— Oh... Angeline...
Ses hanches bougèrent d'elles-mêmes, ondulant contre sa propre main. Elle ouvrit les yeux un instant, regarda la porte de son bureau. Fermée. La lumière du couloir ne filtrait pas par le bas. Tout le monde était parti. Elle était seule. Angeline était probablement dans son bureau au bout du couloir, mais Johanna avait vérifié deux fois que le couloir était désert avant de s'installer.
Elle ouvrit le tiroir du milieu de son bureau, celui qu'elle gardait verrouillé d'habitude. Le double gode y était posé sur un tissu noir, ses deux extrémités courbes et violettes luisant légèrement sous la lumière de la lampe de bureau. Elle l'avait acheté un mois auparavant, après une autre rêverie sur Angeline, sans jamais oser l'utiliser autrement que dans la solitude de sa chambre, la nuit, la porte fermée à clé, un oreiller sur le visage pour étouffer ses gémissements.
Elle sortit l'objet et le posa sur son ventre. Le silicone était frais contre sa peau. Elle ramena une main entre ses cuisses et écarta le tissu de sa culotte, exposant sa chatte à l'air tiède du bureau. Elle était tellement mouillée que ses lèvres brillaient. Elle prit une extrémité du gode et commença à se caresser le clitoris avec le bout arrondi, traçant des cercles lents et appuyés.
— Han... Angeline... oui...
Le plaisir monta rapidement, trop rapidement. Son corps était prêt depuis trop longtemps, tendu comme un arc. Elle ralentit, se mordit la lèvre inférieure, cette lèvre charnère qui lui donnait cet air de poupée boudeuse que certains trouvaient insolent et d'autres irrésistible. Elle voulait faire durer. Elle voulait imaginer.
Elle imagina Angeline agenouillée devant elle, ses mains blondes sur ses cuisses, cette bouche qui se rapprochait. Elle enfonça l'extrémité du gode entre ses lèvres, lentement, sentant ses parois internes s'ouvrir et accueillir l'intrusion avec un soupir mouillé. Elle le poussa plus profond, arcuant le dos dans le fauteuil, ses cheveux noirs aux reflets rouges étalés sur le dossier en cuir.
— Han... han... ouuuh... oui...
Elle commença un rythme lent, sortant l'objet presque entièrement avant de le réenfoncer, ses parois gluantes faisant un bruit obscène à chaque mouvement. Sa jambe gauche tremblait. Le fauteuil grinçait doucement. L'odeur de son désir emplissait maintenant le bureau, mêlée à son parfum naturel de réglisse et de jasmin.
— Angeline... je veux ta bouche... je veux...
— Tu as besoin d'aide, Jo ?
Le sang de Johanna se glaça. Ses yeux s'ouvrirent brutalement et trouvèrent Angeline appuyée contre l'encadrement de la porte, les bras croisés sous sa poitrine, un sourire paresseux aux lèvres. Sa blouse en soie blanche était légèrement entrouverte, révélant la naissance de ses seins. Comment était-elle entrée ? La porte était fermée. Elle avait dû avoir un double, ou la serrure n'avait pas pris.
— Oh Angeline ! Pardon !
Johanna retira ses chevilles du bureau d'un geste saccadé et tenta de refermer les jambes, mais le gode était toujours en elle, sa culotte décalée, sa robe relevée. Elle était complètement exposée. Le rouge lui monta au visage comme une marée, colorant ses joues pâles et le haut de son cou, là où la cicatrice courait sous son oreille.
Angeline ne bougea pas. Son sourire s'élargit. Ses yeux bleus descendirent lentement le long du corps de Johanna, prenant tout en détail, les bas noirs, les cuisses écartées, le gode violet dépassant de sa chatte, le tissu sombre de la culotte tiré de côté. Elle se lécha la lèvre inférieure.
— Chut, dit-elle d'une voix douce et rauque à la fois. C'était beau.
Elle traversa la pièce en trois enjambées silencieuses, ses talons ne faisant aucun bruit sur le parquet. Elle attrapa le dossier du fauteuil et le fit pivoter pour que Johanna lui fasse face. Puis elle se pencha et posa ses lèvres sur celles de Johanna.
Le baiser fut immédiat, profond, affamé. La langue d'Angeline entra dans la bouche de Johanna sans demander la permission, trouvant la sienne et l'entraînant dans une danse humide et lente. Johanna gémit dans le baiser, ses mains saisissant instinctivement les hanches d'Angeline. Elle sentait le goût de café et de menthe, la chaleur de cette bouche qu'elle avait imaginée toute la journée.
Quand Angeline se recula, ses lèvres brillaient de leur salive mélangée.
— Que faites-vous ? souffla Johanna, la voix étranglée.
Angeline rit doucement, un rire grave qui vibra dans le ventre de Johanna.
— Je parie que ta chatte est bonne aussi. Laisse-moi te goûter.
— Non, arrêtez !
Mais le mot manquait de conviction. Elles le savaient toutes les deux. Johanna sentait son cœur cogner contre ses côtes, son ventre se contracter, sa chatte se serrer autour du gode encore planté en elle.
— Ne fais pas l'innocente, murmura Angeline en posant un doigt sous le menton de Johanna, relevant son visage. Tu te gode en murmurant mon prénom, Jo. Mon prénom. Pas celui d'un amant imaginaire. Le mien.
Angeline pivota le fauteuil pour mieux positionner Johanna. Puis elle s'agenouilla devant elle, ses genoux touchant le parquet, sa blouse de soie blanche caressant l'intérieur des cuisses de Johanna. Elle attrapa le gode par sa base et le retira lentement, délicieusement, observant les lèvres gonflées de Johanna serrer l'objet comme pour le retenir. Un filet de cyprine brilla entre ses cuisses.
Angeline tira la culotte de côté, l'écartant complètement, et plongea.
Sa langue trouva le clitoris de Johanna sans hésitation. Elle le lécha d'un coup long et plat, de la base jusqu'au gland, et Johanna cria. Pas un gémissement, un vrai cri qui rebondit sur les murs du bureau et revint lui marteler les tympans.
— Ta chatte est délicieuse, Jo, murmura Angeline contre sa chair, sa voix envoyant des vibrations directement dans le clitoris.
— Han... Angeline... votre bouche est chaude et douce...
Angeline ne répondit pas. Elle travailla. Sa langue traçait des cercles précis autour du clitoris de Johanna, alternant entre des coups larges et appuyés et des petits battements rapides du bout de la langue. Deux doigts glissèrent à l'intérieur de Johanna, la remplissant, la préparant, trouvant ce point sensible sur la paroi avant et le massant avec une expertise qui fit blanchir les jointures de Johanna sur les accoudoirs du fauteuil.
— Oh mon Dieu... Angeline... plus profond... s'il vous plaît...
Angeline obéit, enfonçant ses doigts jusqu'à la troisième phalange, courbant légèrement la main pour les presser contre le plafond du vagin de Johanna. Sa bouche resta sur le clitoris, aspirant doucement, puis plus fort, puis doucement encore, créant un rythme infernal qui fit trembler les cuisses de Johanna de chaque côté de son visage.
Johanna sentit l'orgasme approcher comme un orage à l'horizon. Son bas-ventre se crispa, ses orteils se recroquevillèrent dans ses talons, sa respiration devint saccadée.
— Angeline... je vais...
Angeline se retira brusquement. Johanna émit un son de frustration presque animal.
— Pas encore, dit Angeline avec un sourire carnassier. Pas comme ça.
Elle se leva et entreprit de déshabiller Johanna méthodiquement. D'abord la culotte, qu'elle fit glisser le long des jambes et jeta sur la pile de dossiers. Puis la robe, qu'elle fit remonter par-dessus la tête. Puis la blouse, qu'elle arracha littéralement, envoyant un bouton rouler sous le bureau. Le soutien-gorge en dentelle noire de Johanna suivit, exposant ses seins pâles aux aréoles rosées.
Angeline se pencha et prit un sein dans sa bouche. Sa langue tourna autour du mamelon, le durcissant, puis elle aspira tandis que sa main pétrissait l'autre sein, roulant le mamelon entre le pouce et l'index. Johanna gémit, sa main venant se perdre dans les cheveux blonds d'Angeline.
— Vous me faites perdre la tête, souffla Johanna.
— Bon, dit Angeline en se redressant. C'est l'idée.
Elle se déshabilla à son tour, rapidement, sans cérémonie. Sa blouse tomba, son soutien-gorge suivit, révélant des seins plus petits que ceux de Johanna mais fermes, aux mamelons pâles et déjà durs. Sa jupe glissa le long de ses hanches, puis sa culotte. Elle se tenait là, nue, ses yeux bleu clair fixés sur Johanna avec une intensité qui faisait palpiter le ventre de la brune.
Angeline attrapa Johanna par les hanches et la fit basculer en arrière dans le fauteuil, le dossier s'inclinant presque à l'horizontale. Puis elle grimpa sur elle, plaquant son corps contre le sien, ses cuisses encadrant celles de Johanna. Le contact de leurs peaux nues envoya une décharge électrique dans toute la colonne vertébrale de Johanna.
— Regarde-moi, dit Angeline.
Elle commença à bouger ses hanches, frottant son sexe contre celui de Johanna. Le contact fut immédiatement électrique. Le clitoris d'Angeline trouva celui de Johanna, et elles se mirent à glisser l'une contre l'autre, leurs cyprines mêlées créant une friction chaude et gluante. Angeline contrôlait le rythme, ses mains agrippant les accoudoirs du fauteuil de chaque côté de la tête de Johanna, ses seins pendant au-dessus du visage de la brune.
— Regarde-moi, Johanna, répéta-t-elle. Regarde-moi quand je te baise.
— Han... Angeline... c'est... oh...
Les deux chattes se frottaient l'une contre l'autre, les clitoris se touchant à chaque mouvement de hanches d'Angeline. Johanna leva les yeux et croisa le regard bleu d'Angeline, qui la fixait avec une possessivité absolue, un sourire aux lèvres, ses joues roses d'excitation.
— Ma petite salope adorée, murmura Angeline, sa voix rauque vibrant contre la gorge de Johanna. Tu n'imagines pas combien de nuits j'ai passées à te rêver comme ça, trempée et offerte sous moi.
— Depuis combien de temps ? haleta Johanna.
— Depuis ton premier jour. Depuis que tu es entrée dans ce bureau avec ta robe noire et ton regard de braise. Depuis que tu m'as regardée comme si tu voulais me dévorer.
Johanna n'eut pas le temps de répondre. Angeline accéléra le rythme, ses hanches devenant un blur, le bruit obscène de leurs sexes mouillés résonnant dans le bureau comme un battement de cœur charnel. Johanna sentit l'orgasme revenir, plus fort, plus pressant, mais Angeline se retira encore.
— Pas encore, dit-elle.
— Vous êtes cruelle, gémit Johanna.
— Je sais. C'est ce que tu aimes.
Angeline se pencha par-dessus le fauteuil et récupéra le double gode sur le sol où il était tombé. Elle le regarda avec un sourire, puis le porta à ses lèvres et lécha une des extrémités, goûtant le cyprine de Johanna qui y était encore collé.
— Tu as raison, dit-elle. Tu es délicieuse.
Elle positionna une extrémité contre l'entrée de la chatte de Johanna et l'autre contre la sienne. Puis, avec un mouvement lent et délibéré, elle s'assit, enfonçant l'objet en elle et en Johanna simultanément. Toutes deux gémissèrent au même instant, le son de leurs voix mêlées dans l'air tiède du bureau.
— Oh... c'est... han... Angeline...
— Sens ça, Johanna. Sens comme on est remplies ensemble.
Angeline commença à bouger, ses hanches oscillant en cercles, le double gode allant et venant entre elles, les reliant par le plus intime des points. Chaque coup de rein d'Angeline enfonçait l'objet plus profond en Johanna, et réciproquement. Elles étaient synchronisées, connectées, deux corps partageant un seul plaisir.
Johanna agrippa les hanches d'Angeline, ses ongles s'enfonçant dans la peau pâle, laissant des marques rouges. Angeline ne sembla pas s'en plaindre. Au contraire, elle accéléra, ses yeux bleus ne quittant jamais ceux de Johanna, sa bouche entrouverte, son souffle court.
— Regarde-moi, Johanna... c'est ça, regarde-moi quand je te baise... han... ma petite salope adorée.
— Oh... Angeline... c'est bon... c'est tellement bon...
Le rythme devint frénétique. Angeline pompait ses hanches avec une force qui faisait grincer le fauteuil sous elles, le double gode entrant et sortant dans un bruit de succion obscène. Les seins d'Angeline rebondissaient à chaque mouvement, ses mamelons durs frôlant ceux de Johanna par intermittence.
Johanna sentit l'orgasme monter pour la troisième fois, irrésistible cette fois, comme une vague qui grossit avant de tout dévorer. Son vagin se serra autour du gode, ses jambes tremblèrent, son dos s'arca.
— Angeline... je vais... je ne peux plus...
— Viens pour moi, Johanna. Viens.
Johanna explosa. Son orgasme la traversa comme un éclair, son vagin se contractant violemment autour du gode, envoyant des vagues de plaisir à travers tout son corps. Elle cria le nom d'Angeline, un cri rauque et désespéré qui se transforma en gémissement prolongé. Angeline ne s'arrêta pas, continuant de bouger ses hanches, prolongeant l'orgasme de Johanna jusqu'au point où le plaisir frôla la douleur.
Puis Angeline bascula à son tour. Son visage se tordit, ses yeux se fermèrent, ses lèvres s'ouvrirent dans un cri silencieux. Son corps se raidit, ses hanches s'enfonçant une dernière fois, poussant le gode au plus profond des deux chattes. Un gémissement grave sortit de sa gorge, et Johanna sentit les contractions du vagin d'Angeline à travers le gode, leurs orgasmes se répondant comme un écho.
Elles restèrent immobiles un long moment, le double gode toujours en elles, leurs souffles se mêlant, leurs corps collés par la sueur et le désir. Le bureau sentait maintenant le sexe, la sueur, le jasmin et la vanille. Par la fenêtre, le dernier rayon de soleil disparut, laissant la pièce dans la lumière ambrée de la lampe de bureau.
Angeline se releva lentement, retirant le gode d'elle avec un petit bruit mouillé qui fit sourire Johanna malgré elle. Elle se leva du fauteuil et tendit la main à Johanna pour l'aider à se redresser. Johanna s'assit, les jambes encore tremblantes, les cheveux en désordre, la rougeur de l'orgasme encore visible sur sa poitrine.
Angeline se pencha et l'embrassa. Pas un baiser affamé comme le premier, mais un baiser tendre, lent, ses lèvres caressant celles de Johanna avec une douceur qui contrastait avec la violence de ce qui venait de se passer. Sa langue effleura celle de Johanna, puis se retira, puis revint, comme une marée.
— Tu sais, murmura Angeline contre ses lèvres, j'avais un double de ta serrure depuis trois mois. Je l'ai fait faire le jour où je t'ai vue te mordre la lèvre en me regardant pendant la réunion de rentrée.
— Tu espionnais ma serrure ? dit Johanna, un sourire incrédule aux lèvres.
— Je prévoyais. Il y a une différence.
Johanna rit, un rire sincère qui fit vibrer sa poitrine nue. Angeline la regarda rire avec une tendresse inattendue, posant une mèche de cheveux noirs derrière l'oreille de Johanna, effleurant la cicatrice sur son cou du bout des doigts.
— Tu n'as pas à cacher ça, dit-elle doucement. Ni ça, ni toi, ni ce que tu veux.
Johanna sentit ses yeux piquer. Elle ne pleura pas, mais l'émotion était là, brute et inattendue, mêlée au parfum d'Angeline et au souvenir de son orgasme.
— Quand tu veux, Jo, dit Angeline en l'embrassant une dernière fois, ses lèvres posées sur le coin de la bouche de Johanna. Quand tu veux, tu n'as qu'à laisser la porte déverrouillée. Ou verrouillée. Je viendrai de toute façon.
— Et si je veux que tu viennes même quand je ne le sais pas ? demanda Johanna.
— Alors je m'assurerai que tu le saches après.
Angeline ramassa ses vêtements et commença à s'habiller avec une désinvolture élégante, comme si se rhabiller après avoir fait l'amour avec sa subordonnée sur un fauteuil de bureau était la chose la plus naturelle du monde. Johanna la regarda, encore nue, encore les jambes écartées, le double gode posé sur son ventre comme un trophée.
— Jo, dit Angeline en boutonnant sa blouse.
— Oui ?
— La prochaine fois, ferme la porte à clé. Et garde le gode dans le tiroir du haut, pas du milieu. Celui du milieu grince.
— Tu savais pour le tiroir ?
— Je sais tout ce qui se passe dans ce bureau, Johanna. Absolument tout.
Elle lui fit un clin d'oeil, ramassa sa jupe, et sortit du bureau comme si rien ne s'était passé. Johanna resta là, nue dans son fauteuil, le double gode sur le ventre, un sourire aux lèvres et le goût d'Angeline encore dans la bouche.
Elle regarda la pile de dossiers, les courriels non lus, le bouton de sa blouse sous le bureau. Elle regarda le tiroir du milieu, puis le tiroir du haut. Elle ouvrit le tiroir du haut et y déposa le gode, soigneusement, sur un tissu noir neuf.
Demain, elle laisserait la porte déverrouillée.