Sous les Chênes, le Miel se Partage
by french_muse88L'herbe tremblait sous le vent tiède de l'après-midi, et les chênes étendaient leurs ombres comme des bras paresseux sur la couverture à carreaux où les trois amis avaient posé leur butin : du pain fr
about 1 hour ago
•long read•intense intensityL'herbe tremblait sous le vent tiède de l'après-midi, et les chênes étendaient leurs ombres comme des bras paresseux sur la couverture à carreaux où les trois amis avaient posé leur butin : du pain frais, du fromage de chèvre, des figues mûres et un pot de miel que Kars avait apporté — un geste qui avait fait sourire Johanna, parce qu'elle se souvenait. Des ruines mayas, la chaleur de la jungle, et ce même regard intense, à la fois tendre et prédateur, qu'il lui avait lancé avant de l'embrasser pour la première fois.
Cédric, lui, faisait rouler une figue entre ses doigts en racontant une histoire abracadabrante sur un patient qui avait avalé un jouet en plastique en forme de dinosaure. Il avait cette façon de raconter où ses sourcils montaient, où ses mains dessinaient les formes dans l'air, et où sa voix grave prenait des inflexions théâtrales qui faisaient rire tout le monde. Les ombres sous ses yeux, traces de gardes trop longues, s'effaçaient quand il souriait. Et il souriait beaucoup, ici.
Johanna les écoutait, adossée à un coussin volé du canapé de Cédric. Son carré rouge flamboyant catchait la lumière, sa frange à la Betty Page encadrait un visage qui aurait pu appartenir au cinéma des années cinquante — cette combinaison étrange de Hedy Lamarr et de Simone Signoret, avec la moue boudeuse de Bardot en bonus. La cicatrice sur son cou, fine et pâle, apparaissait quand elle tournait la tête. Celle sur son abdomen restait cachée sous sa blouse de lin blanc, légèrement entrouverte sur la peau brûlée par le soleil.
— Et donc le type me regarde, parfaitement sérieux, et il me dit : "Docteur, est-ce que le T-Rex va survivre ?" raconta Cédric en mordant dans une figue.
Kars laissa échapper ce rire grave et profond qui faisait quelque chose au ventre de Johanna. Un son qui venait de loin, qui résonnait dans sa cage thoracique avant de sortir. Il était assis en tailleur, ce qui était presque comique vu sa taille — deux mètres de muscle posés sur une couverture de pique-nique —, ses longs cheveux sombres tombant en cascade dans son dos, la mèche blanche au front brillant comme un coup de projecteur.
— J'aurais répondu que non, dit Kars de sa voix basse. Les T-Rex sont éteints.
Cédric pointa le doigt vers lui.
— Voilà. Exactement. C'est ce que j'ai dit. Sauf que moi j'ai dit "probablement pas" pour rester professionnel.
Johanna éclata de rire, ce rire un peu rauque qu'elle avait, qui montait du fond de la gorge et qui faisait remonter la cicatrice de son cou. Cédric la regarda rire avec cette expression qu'il avait parfois — pas triste, mais comme quelqu'un qui garde ses émotions derrière une porte entrouverte et qui, l'espace d'un instant, la laisse battre dans le courant d'air.
Le miel coulait lentement sur un morceau de pain que Kars tendait vers Johanna. Leurs doigts se touchèrent. Elle sentit la chaleur de sa peau, la callosité de ses paumes, et ce frisson familier remonta le long de sa colonne vertébrale. Elle prit le pain. Mordit. Le miel était doux, presque floral, et elle ferma les yeux une seconde de trop.
— Bon ? murmura Kars.
Elle ouvrit les yeux. Il la regardait. Ce regard. Celui qui disait cent choses sans en prononcer une. Celui qui la faisait se sentir comme une proie qui aurait choisi de ne pas fuir.
— Très bon, répondit-elle, la voix un peu trop douce.
Cédric sentit le changement. Il le sentait toujours. C'était cette qualité qu'il avait, cette attention qu'il portait aux autres comme un médecin ausculte un cœur — discrète, constante, sans effort. Il vit la façon dont Johanna tenait le pain, dont ses doigts tremblaient à peine, dont ses pupilles dilataient. Et il vit la façon dont Kars se penchait, imperceptiblement, comme un arbre sous un vent qu'on ne voit pas.
— Bon, dit Cédric en s'étirant, les bras derrière la tête. On va parler de ce qui se passe ou on fait semblant ?
Johanna tourna la tête vers lui.
— Qu'est-ce qui se passe ?
— Toi. Nous. Le fait que tu nous regardes tous les deux comme une enfant devant une vitrine de pâtisserie avec assez d'argent pour une seule pâtisserie.
Elle ouvrit la bouche. La referma. Puis ria, nerveusement.
— Ce n'est pas…
— Si, coupa Cédric doucement. Et c'est d'accord. Tu ne sais pas choisir.
Un silence tomba entre eux, pas hostile, plutôt comme une bulle. Les feuilles des chênes bruissaient. Une abeille tourna autour du pot de miel avant de s'en aller.
Kars ne dit rien. Il regardait Johanna avec cette patience qui lui était propre, comme s'il savait que certaines choses ne se forçaient pas. Comme s'il avait tout le temps du monde.
— Je ne veux pas blesser personne, dit Johanna, plus bas.
— Et qui dit que quelqu'un serait blessé ? répondit Cédric en haussant un sourcil.
Il y eut un moment. Un de ces moments suspendus où l'air change de densité, où les battements de cœur deviennent audibles. Cédric se redressa et se rapprocha de Johanna. Kars, de l'autre côté, fit de même. Elle se retrouva entre eux, non pas coincée mais tenue, comme le cœur entre deux côtes.
— Et si tu n'avais pas à choisir ? dit Kars.
Sa voix était si grave qu'elle semblait venir du sol.
Johanna les regarda l'un après l'autre. Cédric, avec son sourire asymétrique et ses yeux fatigués qui brillaient maintenant d'une lueur espiègle. Kars, avec son immobilité minérale et cette mèche blanche qui oscillait devant son front comme un pendule.
— Vous êtes sérieux ?
— Johanna, répondit Cédric en posant sa main sur la sienne, je suis médecin. Je suis toujours sérieux. Sauf quand je ne le suis pas. Ce qui est en fait la plupart du temps.
Elle rit. Et ce rire se transforma en souffle quand Cédric se pencha et posa ses lèvres sur les siennes.
Le baiser de Cédric était comme lui : habile, attentif, avec une pointe de malice. Il laissa ses lèvres jouer avec les siennes, mordilla légèrement sa lèvre inférieure, puis se recula juste assez pour qu'elle le suive du regard.
Puis Kars prit le relais.
Sa main, large et chaude, se posa sur la nuque de Johanna, ses doigts s'enfonçant doucement dans les cheveux rouges. Il l'attira vers lui et l'embrassa. Son baiser n'avait rien à voir avec celui de Cédric. C'était un baiser profond, entier, qui prenait. Sa langue glissa contre la sienne avec une lenteur délibérée, comme s'il mémorisait chaque millimètre de sa bouche.
Quand ils se séparèrent, Johanna avait le souffle court.
— Oh, souffla-t-elle.
— Oh, confirma Cédric avec un sourire.
Alors quelque chose bascula. Cédric revint vers elle, et cette fois Kars ne recula pas. Les bouches se rapprochèrent, se chevauchèrent. Un baiser à trois — maladroit d'abord, les nez se cognant, les rires étouffés — puis trouvant son rythme. Les langues se croisèrent, les lèvres se cherchèrent, et Johanna se sentit brûler de l'intérieur, prise entre deux chaleurs, deux présences, deux façons de la vouloir.
Cédric se glissa derrière elle. Ses mains trouvèrent les boutons de sa blouse de lin, un par un, avec la dextérité de quelqu'un qui savait ce qu'il faisait. Le tissu s'ouvrit sur sa peau, laissant apparaître la cicatrice sur son abdomen — une ligne pâle qu'il effleura des lèvres avant de remonter vers son cou.
Kars, face à elle, fit glisser la blouse de ses épaules. Le soleil tomba sur sa poitrine, sur ses seins ronds aux mamelons rosés qui se durcirent au contact de l'air. Il les prit dans ses mains, ces mains qui auraient pu l'envelopper entièrement, et les pétrit avec une lenteur presque douloureuse. Ses pouces traçaient des cercles autour des mamelons, les faisant durcir encore, puis il se pencha et prit l'un d'eux dans sa bouche.
Johanna laissa échapper un gémissement. Sa tête bascula en arrière contre l'épaule de Cédric, qui en profita pour l'embrasser — profondément, avec cette langue qui explorait comme une promesse. Pendant ce temps, sa main droite glissa le long du flanc de Kars, trouvant le bourrelet de son sexe à travers le tissu de son pantalon. Elle le massa à travers le coton, sentant la chaleur, la tension, la dureté qui grandissait.
Kars passa à l'autre sein, le léchant avec application, traçant des spirales avec le bout de la langue autour du mamelon gonflé avant de l'aspirer doucement. Johanna arcqua le dos, pressée entre les deux hommes, et sa main se referma plus fermement sur le sexe de Cédric qu'elle avait libéré de son pantalon. Il était dur, lisse, et elle le pompait lentement, du bas vers le haut, faisant tourner son poignet à chaque remontée.
— Tu vas me rendre fou, murmura Cédric contre sa bouche.
— C'est l'idée, répondit-elle avec cette moue boudeuse qui rendait les hommes fous.
Kars se redressa et l'embrassa. Elle sentit le goût du miel sur ses lèvres. Pendant un instant, leurs trois bouches se retrouvèrent, un baiser chaotique et humide qui les laissa tous essoufflés.
Puis Kars se releva, se agenouilla devant elle, et écarta doucement ses genoux. Il la fit basculer sur le dos, sa tête toujours contre Cédric qui la soutenait. Il fit glisser sa jupe, puis son sous-vêtement, et la regarda.
— Tu es magnifique, dit-il simplement.
Et il se pencha.
Sa bouche trouva son sexe comme une évidence. Il la lécha d'un trait long, du bas vers le haut, avec une avidité qui fit crier Johanna. Sa langue large et chaude écartait les lèvres, explorait les plis, tournoyait autour du clitoris avant de le presser. Il la mangeait littéralement, avec des bruits humides et gourmands, sa bouche collée à elle, ses mains maintenant ses hanches écartées.
Cédric, derrière, malaxait ses seins avec une régularité parfaite. Il pinçait les mamelons entre le pouce et l'index, les tiraillait doucement, les faisait rouler. Il embrassait son cou, sa mâchoire, son oreille.
— Han… Kars… Cédric… haleta Johanna, ne sachant plus où porter son attention, son corps devenant un seul point de sensation.
Kars introduisit un doigt en elle tout en continuant de la lécher. Il la pénétrait lentement, courbant son doigt vers l'avant, cherchant ce point qui la faisait gémir plus fort. Quand il le trouva, il appuya et lécha en même temps, et Johanna sentit l'orgasme monter comme une marée.
— Pas encore, murmura Cédric à son oreille. Pas encore.
Kars se recula, les lèvres brillantes, et lui sourit — un vrai sourire, rare, qui transformait son visage de statue en quelque chose de presque doux.
— Patience, dit-il.
Johanna gémit de frustration.
Cédric la fit mettre à quatre pattes sur la couverture. L'herbe sentait bon, la terre était tiède sous ses paumes. Elle sentit Cédric s'installer derrière elle, son sexe contre son entrée, et il la pénétra d'un seul mouvement lent et complet.
— Oh oui… souffla-t-elle.
Il commença à la prendre en levrette, avec des coups de reins réguliers et profonds. Chaque poussée la faisait avancer, et Kars se plaça devant elle, son sexe libéré, long et épais, dressé devant son visage.
Johanna le prit dans sa bouche sans hésitation. Elle le suce avec gourmandise, sa langue tournoyant autour du gland, ses lèvres serrées glissant le long de la tige. Elle le prenait aussi profondément qu'elle le pouvait, relâchant sa gorge, pendant que Cédric la pilonnait par-derrière. Le rythme était parfait — chaque coup de Cédric la poussait sur le sexe de Kars, et chaque recul la ramenait vers Cédric.
Kars et Cédric échangèrent un regard au-dessus d'elle. Puis Cédric se pencha en avant, et leurs bouches se trouvèrent. Ils s'embrassèrent, un baiser masculin et direct, pendant que leurs corps bougeaient en synchronisation autour de Johanna. Elle les regarda par en dessous, les voyant s'embrasser au-dessus d'elle, et quelque chose dans sa poitrine se serra de tendresse.
Cédric accéléra, ses doigts s'enfonçant dans les hanches de Johanna. Elle gémit autour du sexe de Kars, les vibrations faisant tressaillir le grand homme.
— Plus vite, murmura Johanna en relâchant un instant sa bouche. Cédric, plus vite.
Il obéit. Les claquements de peau contre peau se mêlèrent au bruit du vent dans les feuilles. Johanna suce Kars avec plus d'ardeur, sa main pompant la base de son sexe pendant que sa bouche travaillait le reste. Kars la regardait, ses yeux sombres brûlants, sa main posée sur sa joue.
— Tu es incroyable, dit-il.
Puis Cédric se retira, et Johanna émit un son de protestation qui se transforma en surprise quand Kars la souleva. Il s'assit et la fit s'agenouiller sur lui, dos contre son torse, ses jambes de chaque côté des siennes. Une andromaque inversée. Il la descendit sur son sexe, et elle sentit chaque centimètre la remplir, l'étirer, jusqu'à ce qu'il soit entièrement en elle.
— Han… mon Dieu… gémit-elle.
Kars commença à bouger. Ses hanches montaient et descendaient avec une puissance contrôlée, la pilonnant par en dessous. Chaque coup la faisait rebondir, ses seins oscillant au rythme de ses poussées. Il la tenait par la taille, ses grandes mains presque entièrement refermées sur elle.
Cédric s'allongea devant eux, entre les jambes écartées de Johanna. De cette position, il voyait tout — le sexe de Kars glissant en et hors d'elle, son clitoris gonflé, le point de jonction où leurs corps se rencontraient, luisant de mouille.
Kars le regarda et sourit.
— Goûte-la… elle est tellement bonne.
Cédric se pencha et passa sa langue sur le clitoris de Johanna, juste au-dessus de l'endroit où Kars la pénétrait. Il la lécha avec application, sa langue trouvant le clitoris et le faisant tournoyer, puis descendant pour lécher le point de jonction — goûtant les deux à la fois, la mouille de Johanna et le goût salé de la peau de Kars.
— Tu as raison… elle est même délicieuse… murmura Cédric contre elle.
Johanna gémit, un son long et brisé qui monta dans les branches des chênes.
— Han ! Que c'est bon ! Han oui !
— Laisse-toi aller comme ça, répondirent Kars et Cédric presque en même temps.
— Elle est tellement belle ainsi, ajouta Kars, sa voix vibrante dans le dos de Johanna.
Cédric continuait de la lécher, sa langue alternant entre le clitoris de Johanna et le point où le sexe de Kars entrait en elle, goûtant leur mélange, savourant cette intimité triple qui défiait toute logique. Johanna sentait l'orgasme approcher, inévitable, comme une vague qui grossit avant de se briser.
— Je vais… commença-t-elle.
— Oui, dit Kars dans son oreille. Viens.
Mais ils s'arrêtèrent. Kars la souleva de lui, et Johanna protesta avec un gémissement frustré qui les fit sourire tous les deux.
— Pas encore, dit Cédric en se relevant.
Il la fit mettre à quatre pattes à nouveau, mais cette fois Kars s'agenouilla derrière elle pendant que Cédric se positionnait face à elle. Kars appliqua une lubrification — il avait prévu, quelque part dans un sac, parce que Kars prévoyait toujours — et pressa son sexe contre l'entrée de son anus.
— Détends-toi, murmura-t-il. Comme la dernière fois.
Elle fit un oui de la tête. Il entra lentement, centimètre par centimètre, laissant à son corps le temps de s'adapter. La sensation était intense, pleine, presque trop — et en même temps, exactement ce qu'elle voulait.
Quand il fut entièrement en elle, Cédric la pénétra par devant. Les deux hommes bougèrent ensemble, trouvant un rythme commun. Johanna se sentait remplie de partout, étirée entre eux deux, prise et tenue et voulue. Chaque poussée de Kars la faisait avancer sur le sexe de Cédric, et chaque recul de Cédric la ramenait contre Kars.
— Han… oui… les deux… c'est…
Les mots se brisaient dans sa gorge. Elle ne pouvait plus former de phrases complètes. Son corps était un seul nerf exposé, chaque terminaison stimulée en même temps.
Cédric la regardait, ses yeux fatigués maintenant brûlants de quelque chose de pur, et il embrassa Kars par-dessus son épaule. Leurs langues se croisèrent, et Johanna les regarda, ce qui la rapprocha encore de l'orgasme.
— Ensemble, souffla Kars.
Ils accélérèrent. Les coups devenaient plus profonds, plus urgents. Johanna gémit, puis cria, son corps se contractant autour des deux sexes qui la pénétraient. L'orgasme la traversa comme un éclair, secouant chaque muscle, la faisant arcquer entre eux. Elle mouilla abondamment, et Cédric sentit la chaleur l'envahir.
— Johanna… gémit-il.
Il jouit en elle, des jets chauds et profonds, son visage se tordant de plaisir. Kars la tenait fermement, ses doigts s'enfonçant dans ses hanches, et avec un dernier coup puissant, il la rejoignit, se déversant en elle avec un grondement sourd qui fit vibrer tout son corps contre le sien.
Ils s'effondrèrent ensemble sur la couverture, un tas de membres entremêlés et de souffles haletants. Le soleil filtrait toujours à travers les chênes. L'abeille était revenue, attirée par le miel renversé. Quelque part, un oiseau chantait comme si de rien n'était.
Cédric fut le premier à parler.
— Bon, dit-il en reprenant son souffle, je crois qu'on a ruiné le pique-nique.
Johanna rit, ce rire rauque qui faisait remonter sa cicatrice. Kars, allongé sur le dos, ses longs cheveux sombres éparpillés dans l'herbe comme une ombre, laissa échapper ce rire grave et profond.
— Le fromage est encore bon, dit-il.
— Le fromage est toujours bon, répondit Cédric en passant une main dans ses cheveux en bataille. C'est littéralement sa fonction.
Johanna se redressa péniblement, tira la blouse sur ses épaules, et les regarda. Cédric, avec ses ombres sous les yeux et son sourire qui transformait son visage mélancolique en quelque chose de lumineux. Kars, avec sa mèche blanche et son regard de prédateur attendri.
— Alors ? demanda Cédric en croisant son regard. Tu as choisi ?
Elle secoua la tête, cette moue boudeuse revenant sur ses lèvres.
— Non. Et je ne choisirai pas.
— Bien, dit Kars en se redressant sur un coude.
— Bien, répéta Cédric avec un sourire.
Ils échangèrent un regard — un regard qui disait qu'ils étaient d'accord, que cette chose entre eux trois n'avait pas besoin de nom, pas de hiérarchie, pas de choix. Qu'ils étaient satisfaits de la combler ainsi, tous les deux, à leur façon, l'un intense et l'autre espiègle, et qu'ils étaient prêts à recommencer dès qu'elle le voudrait.
Cédric attrapa une figue, la coupa en deux, et en tendit une moitié à Johanna, l'autre à Kars.
— À la prochaine, dit-il.
Johanna mordit dans la figue. Le jus coula sur son menton. Kars le essuya avec son pouce et porta le pouce à ses lèvres.
— À la prochaine, confirma-t-il.
Et quelque part dans les branches au-dessus d'eux, l'abeille butinait, indifférente au fait que sous ces chênes, trois venaient de découvrir qu'on n'a pas toujours besoin de choisir — que parfois, le miel se partage à trois.
Cédric, lui, faisait rouler une figue entre ses doigts en racontant une histoire abracadabrante sur un patient qui avait avalé un jouet en plastique en forme de dinosaure. Il avait cette façon de raconter où ses sourcils montaient, où ses mains dessinaient les formes dans l'air, et où sa voix grave prenait des inflexions théâtrales qui faisaient rire tout le monde. Les ombres sous ses yeux, traces de gardes trop longues, s'effaçaient quand il souriait. Et il souriait beaucoup, ici.
Johanna les écoutait, adossée à un coussin volé du canapé de Cédric. Son carré rouge flamboyant catchait la lumière, sa frange à la Betty Page encadrait un visage qui aurait pu appartenir au cinéma des années cinquante — cette combinaison étrange de Hedy Lamarr et de Simone Signoret, avec la moue boudeuse de Bardot en bonus. La cicatrice sur son cou, fine et pâle, apparaissait quand elle tournait la tête. Celle sur son abdomen restait cachée sous sa blouse de lin blanc, légèrement entrouverte sur la peau brûlée par le soleil.
— Et donc le type me regarde, parfaitement sérieux, et il me dit : "Docteur, est-ce que le T-Rex va survivre ?" raconta Cédric en mordant dans une figue.
Kars laissa échapper ce rire grave et profond qui faisait quelque chose au ventre de Johanna. Un son qui venait de loin, qui résonnait dans sa cage thoracique avant de sortir. Il était assis en tailleur, ce qui était presque comique vu sa taille — deux mètres de muscle posés sur une couverture de pique-nique —, ses longs cheveux sombres tombant en cascade dans son dos, la mèche blanche au front brillant comme un coup de projecteur.
— J'aurais répondu que non, dit Kars de sa voix basse. Les T-Rex sont éteints.
Cédric pointa le doigt vers lui.
— Voilà. Exactement. C'est ce que j'ai dit. Sauf que moi j'ai dit "probablement pas" pour rester professionnel.
Johanna éclata de rire, ce rire un peu rauque qu'elle avait, qui montait du fond de la gorge et qui faisait remonter la cicatrice de son cou. Cédric la regarda rire avec cette expression qu'il avait parfois — pas triste, mais comme quelqu'un qui garde ses émotions derrière une porte entrouverte et qui, l'espace d'un instant, la laisse battre dans le courant d'air.
Le miel coulait lentement sur un morceau de pain que Kars tendait vers Johanna. Leurs doigts se touchèrent. Elle sentit la chaleur de sa peau, la callosité de ses paumes, et ce frisson familier remonta le long de sa colonne vertébrale. Elle prit le pain. Mordit. Le miel était doux, presque floral, et elle ferma les yeux une seconde de trop.
— Bon ? murmura Kars.
Elle ouvrit les yeux. Il la regardait. Ce regard. Celui qui disait cent choses sans en prononcer une. Celui qui la faisait se sentir comme une proie qui aurait choisi de ne pas fuir.
— Très bon, répondit-elle, la voix un peu trop douce.
Cédric sentit le changement. Il le sentait toujours. C'était cette qualité qu'il avait, cette attention qu'il portait aux autres comme un médecin ausculte un cœur — discrète, constante, sans effort. Il vit la façon dont Johanna tenait le pain, dont ses doigts tremblaient à peine, dont ses pupilles dilataient. Et il vit la façon dont Kars se penchait, imperceptiblement, comme un arbre sous un vent qu'on ne voit pas.
— Bon, dit Cédric en s'étirant, les bras derrière la tête. On va parler de ce qui se passe ou on fait semblant ?
Johanna tourna la tête vers lui.
— Qu'est-ce qui se passe ?
— Toi. Nous. Le fait que tu nous regardes tous les deux comme une enfant devant une vitrine de pâtisserie avec assez d'argent pour une seule pâtisserie.
Elle ouvrit la bouche. La referma. Puis ria, nerveusement.
— Ce n'est pas…
— Si, coupa Cédric doucement. Et c'est d'accord. Tu ne sais pas choisir.
Un silence tomba entre eux, pas hostile, plutôt comme une bulle. Les feuilles des chênes bruissaient. Une abeille tourna autour du pot de miel avant de s'en aller.
Kars ne dit rien. Il regardait Johanna avec cette patience qui lui était propre, comme s'il savait que certaines choses ne se forçaient pas. Comme s'il avait tout le temps du monde.
— Je ne veux pas blesser personne, dit Johanna, plus bas.
— Et qui dit que quelqu'un serait blessé ? répondit Cédric en haussant un sourcil.
Il y eut un moment. Un de ces moments suspendus où l'air change de densité, où les battements de cœur deviennent audibles. Cédric se redressa et se rapprocha de Johanna. Kars, de l'autre côté, fit de même. Elle se retrouva entre eux, non pas coincée mais tenue, comme le cœur entre deux côtes.
— Et si tu n'avais pas à choisir ? dit Kars.
Sa voix était si grave qu'elle semblait venir du sol.
Johanna les regarda l'un après l'autre. Cédric, avec son sourire asymétrique et ses yeux fatigués qui brillaient maintenant d'une lueur espiègle. Kars, avec son immobilité minérale et cette mèche blanche qui oscillait devant son front comme un pendule.
— Vous êtes sérieux ?
— Johanna, répondit Cédric en posant sa main sur la sienne, je suis médecin. Je suis toujours sérieux. Sauf quand je ne le suis pas. Ce qui est en fait la plupart du temps.
Elle rit. Et ce rire se transforma en souffle quand Cédric se pencha et posa ses lèvres sur les siennes.
Le baiser de Cédric était comme lui : habile, attentif, avec une pointe de malice. Il laissa ses lèvres jouer avec les siennes, mordilla légèrement sa lèvre inférieure, puis se recula juste assez pour qu'elle le suive du regard.
Puis Kars prit le relais.
Sa main, large et chaude, se posa sur la nuque de Johanna, ses doigts s'enfonçant doucement dans les cheveux rouges. Il l'attira vers lui et l'embrassa. Son baiser n'avait rien à voir avec celui de Cédric. C'était un baiser profond, entier, qui prenait. Sa langue glissa contre la sienne avec une lenteur délibérée, comme s'il mémorisait chaque millimètre de sa bouche.
Quand ils se séparèrent, Johanna avait le souffle court.
— Oh, souffla-t-elle.
— Oh, confirma Cédric avec un sourire.
Alors quelque chose bascula. Cédric revint vers elle, et cette fois Kars ne recula pas. Les bouches se rapprochèrent, se chevauchèrent. Un baiser à trois — maladroit d'abord, les nez se cognant, les rires étouffés — puis trouvant son rythme. Les langues se croisèrent, les lèvres se cherchèrent, et Johanna se sentit brûler de l'intérieur, prise entre deux chaleurs, deux présences, deux façons de la vouloir.
Cédric se glissa derrière elle. Ses mains trouvèrent les boutons de sa blouse de lin, un par un, avec la dextérité de quelqu'un qui savait ce qu'il faisait. Le tissu s'ouvrit sur sa peau, laissant apparaître la cicatrice sur son abdomen — une ligne pâle qu'il effleura des lèvres avant de remonter vers son cou.
Kars, face à elle, fit glisser la blouse de ses épaules. Le soleil tomba sur sa poitrine, sur ses seins ronds aux mamelons rosés qui se durcirent au contact de l'air. Il les prit dans ses mains, ces mains qui auraient pu l'envelopper entièrement, et les pétrit avec une lenteur presque douloureuse. Ses pouces traçaient des cercles autour des mamelons, les faisant durcir encore, puis il se pencha et prit l'un d'eux dans sa bouche.
Johanna laissa échapper un gémissement. Sa tête bascula en arrière contre l'épaule de Cédric, qui en profita pour l'embrasser — profondément, avec cette langue qui explorait comme une promesse. Pendant ce temps, sa main droite glissa le long du flanc de Kars, trouvant le bourrelet de son sexe à travers le tissu de son pantalon. Elle le massa à travers le coton, sentant la chaleur, la tension, la dureté qui grandissait.
Kars passa à l'autre sein, le léchant avec application, traçant des spirales avec le bout de la langue autour du mamelon gonflé avant de l'aspirer doucement. Johanna arcqua le dos, pressée entre les deux hommes, et sa main se referma plus fermement sur le sexe de Cédric qu'elle avait libéré de son pantalon. Il était dur, lisse, et elle le pompait lentement, du bas vers le haut, faisant tourner son poignet à chaque remontée.
— Tu vas me rendre fou, murmura Cédric contre sa bouche.
— C'est l'idée, répondit-elle avec cette moue boudeuse qui rendait les hommes fous.
Kars se redressa et l'embrassa. Elle sentit le goût du miel sur ses lèvres. Pendant un instant, leurs trois bouches se retrouvèrent, un baiser chaotique et humide qui les laissa tous essoufflés.
Puis Kars se releva, se agenouilla devant elle, et écarta doucement ses genoux. Il la fit basculer sur le dos, sa tête toujours contre Cédric qui la soutenait. Il fit glisser sa jupe, puis son sous-vêtement, et la regarda.
— Tu es magnifique, dit-il simplement.
Et il se pencha.
Sa bouche trouva son sexe comme une évidence. Il la lécha d'un trait long, du bas vers le haut, avec une avidité qui fit crier Johanna. Sa langue large et chaude écartait les lèvres, explorait les plis, tournoyait autour du clitoris avant de le presser. Il la mangeait littéralement, avec des bruits humides et gourmands, sa bouche collée à elle, ses mains maintenant ses hanches écartées.
Cédric, derrière, malaxait ses seins avec une régularité parfaite. Il pinçait les mamelons entre le pouce et l'index, les tiraillait doucement, les faisait rouler. Il embrassait son cou, sa mâchoire, son oreille.
— Han… Kars… Cédric… haleta Johanna, ne sachant plus où porter son attention, son corps devenant un seul point de sensation.
Kars introduisit un doigt en elle tout en continuant de la lécher. Il la pénétrait lentement, courbant son doigt vers l'avant, cherchant ce point qui la faisait gémir plus fort. Quand il le trouva, il appuya et lécha en même temps, et Johanna sentit l'orgasme monter comme une marée.
— Pas encore, murmura Cédric à son oreille. Pas encore.
Kars se recula, les lèvres brillantes, et lui sourit — un vrai sourire, rare, qui transformait son visage de statue en quelque chose de presque doux.
— Patience, dit-il.
Johanna gémit de frustration.
Cédric la fit mettre à quatre pattes sur la couverture. L'herbe sentait bon, la terre était tiède sous ses paumes. Elle sentit Cédric s'installer derrière elle, son sexe contre son entrée, et il la pénétra d'un seul mouvement lent et complet.
— Oh oui… souffla-t-elle.
Il commença à la prendre en levrette, avec des coups de reins réguliers et profonds. Chaque poussée la faisait avancer, et Kars se plaça devant elle, son sexe libéré, long et épais, dressé devant son visage.
Johanna le prit dans sa bouche sans hésitation. Elle le suce avec gourmandise, sa langue tournoyant autour du gland, ses lèvres serrées glissant le long de la tige. Elle le prenait aussi profondément qu'elle le pouvait, relâchant sa gorge, pendant que Cédric la pilonnait par-derrière. Le rythme était parfait — chaque coup de Cédric la poussait sur le sexe de Kars, et chaque recul la ramenait vers Cédric.
Kars et Cédric échangèrent un regard au-dessus d'elle. Puis Cédric se pencha en avant, et leurs bouches se trouvèrent. Ils s'embrassèrent, un baiser masculin et direct, pendant que leurs corps bougeaient en synchronisation autour de Johanna. Elle les regarda par en dessous, les voyant s'embrasser au-dessus d'elle, et quelque chose dans sa poitrine se serra de tendresse.
Cédric accéléra, ses doigts s'enfonçant dans les hanches de Johanna. Elle gémit autour du sexe de Kars, les vibrations faisant tressaillir le grand homme.
— Plus vite, murmura Johanna en relâchant un instant sa bouche. Cédric, plus vite.
Il obéit. Les claquements de peau contre peau se mêlèrent au bruit du vent dans les feuilles. Johanna suce Kars avec plus d'ardeur, sa main pompant la base de son sexe pendant que sa bouche travaillait le reste. Kars la regardait, ses yeux sombres brûlants, sa main posée sur sa joue.
— Tu es incroyable, dit-il.
Puis Cédric se retira, et Johanna émit un son de protestation qui se transforma en surprise quand Kars la souleva. Il s'assit et la fit s'agenouiller sur lui, dos contre son torse, ses jambes de chaque côté des siennes. Une andromaque inversée. Il la descendit sur son sexe, et elle sentit chaque centimètre la remplir, l'étirer, jusqu'à ce qu'il soit entièrement en elle.
— Han… mon Dieu… gémit-elle.
Kars commença à bouger. Ses hanches montaient et descendaient avec une puissance contrôlée, la pilonnant par en dessous. Chaque coup la faisait rebondir, ses seins oscillant au rythme de ses poussées. Il la tenait par la taille, ses grandes mains presque entièrement refermées sur elle.
Cédric s'allongea devant eux, entre les jambes écartées de Johanna. De cette position, il voyait tout — le sexe de Kars glissant en et hors d'elle, son clitoris gonflé, le point de jonction où leurs corps se rencontraient, luisant de mouille.
Kars le regarda et sourit.
— Goûte-la… elle est tellement bonne.
Cédric se pencha et passa sa langue sur le clitoris de Johanna, juste au-dessus de l'endroit où Kars la pénétrait. Il la lécha avec application, sa langue trouvant le clitoris et le faisant tournoyer, puis descendant pour lécher le point de jonction — goûtant les deux à la fois, la mouille de Johanna et le goût salé de la peau de Kars.
— Tu as raison… elle est même délicieuse… murmura Cédric contre elle.
Johanna gémit, un son long et brisé qui monta dans les branches des chênes.
— Han ! Que c'est bon ! Han oui !
— Laisse-toi aller comme ça, répondirent Kars et Cédric presque en même temps.
— Elle est tellement belle ainsi, ajouta Kars, sa voix vibrante dans le dos de Johanna.
Cédric continuait de la lécher, sa langue alternant entre le clitoris de Johanna et le point où le sexe de Kars entrait en elle, goûtant leur mélange, savourant cette intimité triple qui défiait toute logique. Johanna sentait l'orgasme approcher, inévitable, comme une vague qui grossit avant de se briser.
— Je vais… commença-t-elle.
— Oui, dit Kars dans son oreille. Viens.
Mais ils s'arrêtèrent. Kars la souleva de lui, et Johanna protesta avec un gémissement frustré qui les fit sourire tous les deux.
— Pas encore, dit Cédric en se relevant.
Il la fit mettre à quatre pattes à nouveau, mais cette fois Kars s'agenouilla derrière elle pendant que Cédric se positionnait face à elle. Kars appliqua une lubrification — il avait prévu, quelque part dans un sac, parce que Kars prévoyait toujours — et pressa son sexe contre l'entrée de son anus.
— Détends-toi, murmura-t-il. Comme la dernière fois.
Elle fit un oui de la tête. Il entra lentement, centimètre par centimètre, laissant à son corps le temps de s'adapter. La sensation était intense, pleine, presque trop — et en même temps, exactement ce qu'elle voulait.
Quand il fut entièrement en elle, Cédric la pénétra par devant. Les deux hommes bougèrent ensemble, trouvant un rythme commun. Johanna se sentait remplie de partout, étirée entre eux deux, prise et tenue et voulue. Chaque poussée de Kars la faisait avancer sur le sexe de Cédric, et chaque recul de Cédric la ramenait contre Kars.
— Han… oui… les deux… c'est…
Les mots se brisaient dans sa gorge. Elle ne pouvait plus former de phrases complètes. Son corps était un seul nerf exposé, chaque terminaison stimulée en même temps.
Cédric la regardait, ses yeux fatigués maintenant brûlants de quelque chose de pur, et il embrassa Kars par-dessus son épaule. Leurs langues se croisèrent, et Johanna les regarda, ce qui la rapprocha encore de l'orgasme.
— Ensemble, souffla Kars.
Ils accélérèrent. Les coups devenaient plus profonds, plus urgents. Johanna gémit, puis cria, son corps se contractant autour des deux sexes qui la pénétraient. L'orgasme la traversa comme un éclair, secouant chaque muscle, la faisant arcquer entre eux. Elle mouilla abondamment, et Cédric sentit la chaleur l'envahir.
— Johanna… gémit-il.
Il jouit en elle, des jets chauds et profonds, son visage se tordant de plaisir. Kars la tenait fermement, ses doigts s'enfonçant dans ses hanches, et avec un dernier coup puissant, il la rejoignit, se déversant en elle avec un grondement sourd qui fit vibrer tout son corps contre le sien.
Ils s'effondrèrent ensemble sur la couverture, un tas de membres entremêlés et de souffles haletants. Le soleil filtrait toujours à travers les chênes. L'abeille était revenue, attirée par le miel renversé. Quelque part, un oiseau chantait comme si de rien n'était.
Cédric fut le premier à parler.
— Bon, dit-il en reprenant son souffle, je crois qu'on a ruiné le pique-nique.
Johanna rit, ce rire rauque qui faisait remonter sa cicatrice. Kars, allongé sur le dos, ses longs cheveux sombres éparpillés dans l'herbe comme une ombre, laissa échapper ce rire grave et profond.
— Le fromage est encore bon, dit-il.
— Le fromage est toujours bon, répondit Cédric en passant une main dans ses cheveux en bataille. C'est littéralement sa fonction.
Johanna se redressa péniblement, tira la blouse sur ses épaules, et les regarda. Cédric, avec ses ombres sous les yeux et son sourire qui transformait son visage mélancolique en quelque chose de lumineux. Kars, avec sa mèche blanche et son regard de prédateur attendri.
— Alors ? demanda Cédric en croisant son regard. Tu as choisi ?
Elle secoua la tête, cette moue boudeuse revenant sur ses lèvres.
— Non. Et je ne choisirai pas.
— Bien, dit Kars en se redressant sur un coude.
— Bien, répéta Cédric avec un sourire.
Ils échangèrent un regard — un regard qui disait qu'ils étaient d'accord, que cette chose entre eux trois n'avait pas besoin de nom, pas de hiérarchie, pas de choix. Qu'ils étaient satisfaits de la combler ainsi, tous les deux, à leur façon, l'un intense et l'autre espiègle, et qu'ils étaient prêts à recommencer dès qu'elle le voudrait.
Cédric attrapa une figue, la coupa en deux, et en tendit une moitié à Johanna, l'autre à Kars.
— À la prochaine, dit-il.
Johanna mordit dans la figue. Le jus coula sur son menton. Kars le essuya avec son pouce et porta le pouce à ses lèvres.
— À la prochaine, confirma-t-il.
Et quelque part dans les branches au-dessus d'eux, l'abeille butinait, indifférente au fait que sous ces chênes, trois venaient de découvrir qu'on n'a pas toujours besoin de choisir — que parfois, le miel se partage à trois.